#DHC18 : cet incontournable

Catégories Santé, Science

Je suis ravie de débuter ce blog avec le récit d’un événement catalyseur des actrices et acteurs du domaine de la santé digitale : le Digital Health Connect, sixième édition. Le 15 juin dernier, j’ai ainsi retrouvé mes contrées valaisannes d’origine le temps d’une journée et même si le soleil y brillait comme à son habitude, le rayonnement a résidé dans la teneur des conférences avec l’innovation pour mot d’ordre.

Les communautés de la santé digitale ont répondu en nombre au rendez-vous de Swiss Digital Health, de la Fondation The Ark et de la HES-SO Valais au TechnoArk à Sierre : l’occasion incontournable de rencontrer celles et ceux qui dessinent les contours de l’innovation dans le domaine avec Sébastien Mabillard, CEO de Swiss Digital Health, en chef d’orchestre.

Ce premier article résume l’ensemble de la journée. Je vous propose en outre, selon mes affinités avec l’un ou l’autre sujet, quelques exergues. Vous les retrouvez en lien ci-après.

Bienvenue dans le vif du sujet.

Les organisateurs placent le décor

Victor Fournier, chef de Service de la santé publique ouvre la discussion. Il soulève pour cela trois facteurs de l’augmentation de l’espérance de vie :

  • l’évolution de la médecine – soit l’innovation médicale,
  • le comportement des individus – soit une meilleure hygiène de vie,
  • et le traitement de l’eau – soit l’amélioration de l’hygiène au fil des siècles.

La pyramide des âges est inversée – le “tsunami gris” en marche. Dans le nouveau panorama complexe de la prise en charge de la santé, comme en présence de maladies cardiovasculaires ou de tumeurs malignes, il souligne le rôle important de l’innovation. Comment agir sur sa santé, comment accéder aux informations médicales, comment échanger avec les professionnels ? Comment identifier le bon patient, la bonne patiente, au bon endroit au bon moment dans le cadre d’une prise en charge individualisée ?

« Le rôle de la santé publique, affirme-t-il, est de garantir un accès équitable de tous à des soins de qualité utiles et à un coût supportable»

Il en va selon lui de trouver l’équilibre entre les enjeux de santé publique, l’innovation et le business pour soigner chaque personne à un coût abordable, et de conclure : la technique doit rester au service de la relation thérapeutique.

 « La Fondation The Ark incite à l’innovation, soutient la transition digitale et en facilite la mise en œuvre, son écosystème valorise compétences et complémentarité : un terreau favorable à la révolution, dont cette journée est la matérialisation parfaite. », se réjouit Jean-Albert Ferrez, Président de la Fondation The Ark.

Il place lui aussi le Digital Health Connect comme un maillon fort de l’innovation valaisanne et le fait converger avec la digitalisation de la société et de l’industrie. Comment révolutionner la santé ? Quelles sont les approches de demain ? Les intervenants de la journée y apportent des réponses.

« Beaucoup d’activités sont à repositionner ou à réinventer, beaucoup de nouveaux métiers émergent ou vont émerger »,

Laurent Sciboz, Directeur de l’Institut Informatique de Gestion à la HES-SO Valais/Wallis aborde le bouleversement du système de santé et de ses actrices et acteurs. Selon ses mots, l’essor des différentes technologies AI, la blockchain, la robotique notamment, la combinaison des technologies amène une forte valeur ajoutée. Les mentalités changent, la révision des méthodes de travail avec elles. Le monde de la santé doit désormais gérer l’accompagnement de la santé sur toute la vie, la gestion des maladies chroniques, la protection et la confidentialité des données, la fracture technologique, la relation patient.e-professionnel.le et les coûts.

 


 

Place aux insiders et outsiders de l’innovation en santé

L’innovation et la créativité pour ADN

Kathy Malas, venue du Canada pour l’occasion, responsable de la plateforme de l’innovation et des Fonctions des maladies chroniques et aiguës du CHU Sainte-Justine donne le ton d’une journée riche en découvertes d’initiatives qui brisent les codes et schémas établis jusque-là. Cette entrée en matière a particulièrement marqué la journée, je vous en propose un résumé séparé.

« Autonomous solutions change our society and how the business change »

Depuis plus de trois ans, la Poste Suisse opère des drones à Lugano. Il se trouve, nous apprend Janick Mischler, Program Manager, que la densité de la ville tessinoise est équivalente à celle de San Francisco. Lugano contient deux hôpitaux et deux laboratoires d’analyse sanguine, dont l’un est ouvert 24h sur 24 et l’autre ferme durant la nuit. Ainsi, un prélèvement sanguin la nuit dans l’un des hôpitaux nécessite une analyse dans le second. Auparavant, l’infirmière ou l’infirmier prenait son téléphone en pareil cas pour mobiliser un… taxi, lequel, une fois le prélèvement récupéré, rejoignait l’hôpital de destination en 30 à 45 minutes. À vol d’oiseau, la distance est d’environ 1km. Mais la densité et le trafic se chargent de compliquer la manœuvre. Or chaque minute compte. La Poste Suisse permet, avec ses drones, un trajet réduit à 3-4 minutes seulement. Derrière « innovation », entendez également « efficience », l’exemple de la Poste Suisse l’illustre.

« Nurse in the box »

À Genève et à Vevey, MEDBASE Romandie permet des consultations médicales sans rendez-vous. L’institution propose ainsi un nouveau modèle de soins ambulatoires. Cette entité propriété de Migros dispose de 48 centres, dont les deux précités en Suisse romande plus deux à venir (Lausanne et un second à Genève).

Selon son CEO pour la Suisse romande, Marc Cikes, MedBase privilégie les zones urbaines. L’institution est active dans les services médicaux, thérapeutiques, la médecine sportive et la prévention dans les prises en charge des patients. Elle vise en outre conseils de santé en entreprise. L’innovation proposée par MEDBASE entend pallier au manque de médecins et offrir une alternative aux personnes nécessitant peu de contacts avec le système de santé ou face à un problème ponctuel.


Place à l’innovation disruptive

 

« Carenity s’engage à traiter les données de manière non identifiantes, avec un haut niveau de confidentialité et un engagement libre du patient. »

Carenity est le 1er réseau social de patients en Europe. Présent en France, Angleterre, Allemagne, Italie et Espagne, il offre des informations sur les médicaments, les maladies et leurs symptômes, sur les droits des patients et la relation entre les professionnels et le parcours patient.e.

Le réseau bénéficie de 1’200 communautés, soit autant de maladies chroniques abordées. Le diabète, par exemple, réunit 50’000 patients. Carenity se veut tout d’abord un service pour le patient, la patiente, elle lui facilite par exemple l’accès à de la littérature médicale ou le sollicite pour participer à des études ou à des enquêtes.

Intéressant, le réseau encourage l’expertise patient.e. Le patient.e devient expert en consultation, en binôme avec le médecin par exemple. Le patient.e entre dans un univers où il exprime des préférences, une charge due à la maladie ou au traitement et son acceptance, avec un niveau d’observance variable.

Rémy Gauchoux, directeur du Business Development pour l’Europe évoque des paramètres très centrés sur le patient.e. Parfois, la réussite d’un protocole d’essai clinique peut tenir aux… frais de parking de l’hôpital. Le réseau permet de tenir la réalité et les préférences du patient.e en considération. Autrement dit : Carenity considère la vie réelle du patient.e aux centres de son écosystème.

 

Le futur de la santé mobile pour faciliter la vie des professionnels

Dr Patricia Sigam, CEO de Digitalmedlab, place le débat sur le futur de la santé mobile. L’entité développe des solutions de santé avec un focus sur les maladies chroniques, les plaies par exemple. Selon Patricia Sigam, le patient porteur, respectivement la patiente, de plaies chroniques est vraiment représentatif du patient chronique. Dans son parcours de soins, il est confronté à des lieux, des intervenants et des pratiques différents. Pourtant un point les rassemble : le besoin de l’info. L’objectif de Digitalmedlab est de faire circuler l’information entre les différents intervenants. Ces personnes atteintes de maladies chroniques passent la majeure partie de leur temps à domicile, ainsi les professionnels de santé sont dans ce cas pratiquement déconnectés de l’institution dans laquelle ils travaillent. C’est une approche pluridisciplinaire de l’information. L’entité développe un hub, une centrale pour tous les objets connectés afin de faciliter la vie des professionnels en service hors de leur institution.

“SOPHiA” identifie les mutations de l’ADN

SOPHiA GENETICS, présentée par Tarik Dlala, Vice President Marketing, apporte aux cliniciens les technologies les plus à la pointe pour mieux diagnostiquer et traiter leurs patients. Issue de l’EPFL, l’ancienne start-up emploie aujourd’hui 170 collaborateurs et son IA démocratise la médecine sur les données (Data-Driven Medecine). Sophia signifie la sagesse en grec ancien ; – elle définit l’excellence basée sur le partage des connaissances. Aujourd’hui, SOPHiA, la technologie la plus utilisée au monde pour l’analyse génomique clinique, aide au diagnostic d’un patient.e toutes les 5 minutes. Retrouvez plus d’informations dans cette exergue.

Un robot conversationnel personnalisé

Vincent Zimmer, strategics partnerships and business development director de Ada Health, commence cette 7e conférence de la journée par régénérer les cerveaux de l’audience. Le moment est par lui-même innovant et somme toute bienvenue à l’issue de cette session matinale.

« Fermez les yeux, pensez à la personne la plus chère à votre cœur. 10 secondes. Ouvrez les yeux, redressez-vous et cherchez le contact visuel avec moi », Vincent Zimmer sait connecter l’audience à son discours.

Lui, il pense à sa copine. L’endométriose, on a mis des années à pouvoir la lui diagnostiquer. Vincent Zimmer l’affirme :

« aucun être humain n’est capable de connaître l’ensemble des menaces à la santé. Mais la technologie peut aider, elle dépasse cette complexité. »

Ada Health part du principe que si le patient.e reçoit le bon diagnostic, il reçoit le bon traitement. Ainsi Ada aide patients et cliniciens à chercher parmi l’étendue des possibilités. Son approche se focalise sur les données et l’expérience. Elle se base sur le machine learning, l’interdisciplinarité et la médecine. Quant aux probabilités, elles sont redéfinies par région. Les probabilités ne s’appliquent pas de la même manière en Suisse ou en Tanzanie.

 


 

Place aux “seeds of innovation”

 

L’optique au service de la surveillance des fonctions vitales

Patrick Schoettker est CMO de Biospectal. Médecin anesthésiste, il mesure les fonctions vitales de ses patients. Son entité propose une mesure de la tension artérielle moins chère à l’aide du smartphone : une solution démontrée valable et certifiée.

«  nous avons tous un smartphone en poche, il s’agit de le réguler et de lui donner une performance médicale »

OptiBP, une application pour smartphone, utilise l’objectif de la caméra pour mesurer la pression artérielle du patient.e. Les variations de luminosité provoquées par le passage du sang permettent une mesure précise de la tension.

Quel est le lien entre la fabrication de bonbons et celle de pilules médicamenteuses ?

L’impression 3D.

Sarah Trenfield, senior formulation scientist chez FabRx, nous emmène dans le vaste monde de la composition de matière. Elle diffuse une énergie et une passion tangible pour la personnalisation de la denrée médicamenteuse.

Il se trouve que les patients – surtout âgés ou très jeunes – nécessitent souvent une personnalisation de leur apport médicamenteux. Dans la population âgée par exemple, le besoin d’un grand nombre de médicaments est fréquent. Et si les « printlets », ses « tablets » (pilules), pouvaient réunir le traitement en un ou quelques cachets seulement ? Et si les enfants pouvaient choisir la forme, la couleur, la texture de leurs cachets ? C’est dans une fabrique de bonbons que la réponse émerge – une imprimante 3D y permet formes et textures variées. FabRx l’applique à la pharmacopée ; elle rend possible le choix de la forme, de la taille, de la couleur, du goût et du type de formulation : ainsi la prise de médicaments de manière chronique devient plus acceptable.

La blockchain au service de la santé

« Les soins de santé fondés sur la valeur peuvent apporter une solution aux nombreux problèmes rencontrés par les systèmes de santé. » se réjouit Ahmed Abdulla, CEO de DIGIPHARM. »

Swisscom Blockchain et Digipharm travaillent ensemble pour développer des plates-formes de blockchain dans le domaine de la santé. Découvrez la vision de Digipharm pour le futur de la prise en charge médicale.

 

« Si quelqu’un essaie de modifier une donnée dans le bloc, ce sera détecté »

Alevtina Dubovitskaya, assistante de recherche au Applied Intelligent Systems Lab de la HES-SO VALAIS/WALLIS travaille sur des projets de préservation de la confidentialité des données médicales grâce à la blockchain. Pertinent du moment où elle nous apprend que, par exemple, si les données médicalisées sont digitalisées, le consentement des patients est, lui, toujours demandé sur papier. L’idée est de numériser ces consentements, de trouver la manière de les gérer. Qui peut accéder à ces informations, qui peut ajouter un nouveau bloc ? Suivez les actualités du lab !

 

« Modern tech can make development easier, faster, cheaper »

Le deuxième intervenant de la HES-SO VALAIS/WALLIS est issu de l’Institut Informatique de Gestion. Manfredo Atzori, adjoint scientifique nous emmène vers une révolution dans le domaine de la réadaptation.
Le nombre de patients nécessitant assistance et réhabilitation augmente et les moyens de satisfaire ces besoins doivent être abordables financièrement dans le futur. Il s’agit pour Manfredo Atzori d’utiliser la technologie pour faciliter et accélérer les processus et solutions et réduire les coûts. La robotique, la prosthétique ou encore la physiologie sont identifiées comme maillons pour résoudre l’équation.

« Let’s make rehab fun and faster ! »

Le Dr Jean-Luc Turlan, chef du service de réadaptation en neurologie à la SUVA et spécialiste en médecine physique et réadaptation a lancé un défi lors du Arkathon de mars 2018 : trouver des outils techniques pour rééduquer ou réadapter des patients atteints d’héminégligence. Le projet du team « GAme », monté le temps d’un weekend intensif, a séduit le jury de l’Arkathon 2018. L’équipe pluridisciplinaire utilise la réalité virtuelle pour permettre aux patients de se réhabiliter de manière plus ludique. Découvrez les travaux du team vainqueur avec Jean-Pierre Ghobril, PhD.

 

Au terme de cette journée, Sébastien Mabillard le rappelle :

« la révolution digitale est en marche. »

Les actrices et acteurs du digital doivent l’accompagner, redéfinir les rôles, trouver les synergies utiles à la santé de demain. Pléthores d’opportunités sont à saisir.

Merci vivement aux organisatrices et organisateurs de cette journée d’exception !

Merci aux personnes rencontrées sur place pour nos discussions constructives !

Merci à vous lectrices et lecteurs de votre attention et au plaisir de nos échanges.

La Fondation The Ark avec Klewel propose en outre en ligne le webcast de la journée.

Save the date : le #DHC19 est d’ores et déjà annoncé au 14 juin 2019. Au plaisir de vous y retrouver !

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