Article paru une première fois le 9 septembre 2019 sur le site des Surprises du Cerveau

 

Les Surprises du Cerveau ont questionné les émotions, un sujet éminemment complexe !

Le samedi 7 septembre au Régent à Crans-Montana, les participants des “Surprises du Cerveau – saison II” ont vécu une expérience ludique au cœur de leurs émotions. Sujet sensible et infiniment complexe, les émotions touchent à l’intime et au vécu de chacun et chacune.

Scientifiques et artistes en ont dressé une caricature sur la base de quatre émotions présentent dans toutes les cultures : la joie, la tristesse, le dégoût et la peur, plus deux : la colère et la surprise. L’audience a été constamment placée dans un sentiment d’ambivalence. Une invitation à apprécier la complexité du sujet.

En premier acte, ingénieurs et scientifiques ont relevé le défi de connecter précisément 389 personnes en réalité virtuelle au même moment, au même endroit.

 

Le bilan :

Les participants ont été invité à explorer la vaste thématique des émotions.

«  Nous sommes fiers d’avoir connecté sans embûches un tel nombre de personnes simultanément », se réjouit Antoine Widmer Professeur à l’Institut Informatique de gestion de la HES-SO Valais-Wallis. Le défi était en effet de taille pour synchroniser et paramétrer les masques de réalité virtuelle et les smartphones fournis par Samsung XR.

Le Prof. Pierre Magistretti et le Prof. Antoine Widmer, au lancement de la session de réalité virtuelle.

Seule une dizaine de personnes sur l’ensemble a nécessité une assistance technique au lancement de l’expérience. Le laboratoire d’Antoine Widmer examinera sur cette base comment la réalité virtuelle peut aider à comprendre le fonctionnement du cerveau.

389 personnes connectées simultanément pour un voyage dans le cerveau.

L’immersion proposée pour cette saison II a été directement liée aux recherches menées avec « The CAVE » – un outil d’analyse ultra-structurelle, au niveau subcellulaire – c’est-à-dire à l’intérieur même de la cellule. « Il permet d’observer précisément la cellule et ce qu’elle contient. », rappelle Corrado Calì, scientifique à l’Université KAUST. Sur ce modèle de cellules projetées en milliards de pixels, les participants ont pu observer l’extérieur et l’intérieur du cerveau de façon ludique.

L’Université KAUST a produit le contenu, « des modèles du cerveau humain produits en collaboration avec l’entreprise italienne Immersio S.r.l. Ces animations ont permis de créer une expérience visuelle pour expliquer simplement aux participants ce qu’est le cerveau et quelles sont les parties du cerveau et les circuits impliqués dans les émotions », explique-t-il encore.

Le Dr Corrado Calì a guidé l’audience lors d’une observation du cerveau jusqu’au niveau de la cellule.

 

 

Le dilemme du choix des émotions

En second acte,
Richard Rentsch, pianiste-compositeur et Nathan Evans, musicien et
neuroscientifique ont proposé au public des sons de leur composition, associés
à des images vidéo.

Richard Rentsch a interprété en direct des morceaux de sa composition pour accompagner les images projetées.

 


Nathan Evans a interprété en direct des morceaux de sa composition pour accompagner les images projetées.

 

La question posée : comment appréhender la complexité des émotions ?

Le ressenti est si multiple ; il est difficile à décrire simplement.

La façon d’illustrer la complexité de l’émotion perçue chez chaque individu se heurte à l’imprécision du ressenti de chacun. L’illustration d’une émotion en particulier grâce à un public de près de 400 personnes est une manière de dépasser cette difficulté.

 

Tantôt suggérées, tantôt discordantes, les émotions sur lesquelles se sont arrêtées les artistes ont touché ou dérangé le public. Les participants devaient ensuite se déterminer sur l’émotion ressentie. La complexité du choix d’une émotion parmi une palette de six propositions a suscité la curiosité de l’audience et animé le débat. L’une des séquences audiovisuelle a montré des opinions drastiquement partagées, les réactions ont été partagées à égal entre la tristesse et la joie :

la démonstration que deux personnes qui vivent la même expérience ne vont pas forcément la rapporter de la même façon.

Au piano, Richard Rentsch a en outre proposé une improvisation. Les yeux fermés, l’audience a imaginé un requin dans l’océan par deux fois. Les séquences piano interprétées par l’artiste ont montré qu’à une note de différence, ledit requin est devenu soit effrayant, soit inoffensif.

Chaque personne aura un ressenti légèrement différent et se heurtera à la difficulté de réponses pré-formatées, naturellement simplifiées et caricaturales.

Cependant, en étudiant la statistique du ressenti du public, artistes et scientifiques peuvent obtenir l’illustration de cette complexité ressentie en temps réel à l’intérieur de l’individu.

« Notre expérience constitue ce que nous devenons », a précisé le Prof. Pierre Magistretti, neuroscientifique, doyen de la faculté de Biologie et Sciences de l’Environnement à l’Université KAUST et affilié à l’EPFL, Brain Mind Institute. Chaque individu possède des traces de son expérience dans son cerveau dont les mécanismes sont indispensables aux émotions. À chaque vécu, le cerveau enregistre des traces de ses expériences, ainsi, nous n’utilisons jamais deux fois « le même cerveau ».

 

Suite à un point de presse avant l’événement puis un bilan ensuite, la presse en a parlé : 

 

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